C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un " i "....
Alfred de Musset.
C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un " i "....
Alfred de Musset.
Dans les armoires de ma mère, d'autres trésors m'attendaient....
L'immense meuble en chêne, dont le grincement des portes me faisait toujours un peu peur lorsque j'étais enfant, s'ouvrit ce jour de Novembre dans la vieille maison glacée, sur une très belle surprise.
Cachées au milieu de piles de chemises et de caleçons de coton blanc garnis de festons, de dentelles (les sous-vêtements d'autrefois), la très belle nappe monogrammée et ses serviettes faisant partie du trousseau de ma grand-mère Jeanne, me firent instantanément de l’œil.
Bien broder son trousseau était la marque du sérieux de la future maitresse de maison. Ce linge rangé dans l'armoire dédiée, portait toujours le monogramme de la jeune fille et non celui de la femme mariée. Broder son trousseau à la main, point après point, était un acte lent, qui prenait du temps, et permettait, au fil des mois voire des années, de réaliser que l'on passait du statut de jeune fille à celui d'épouse.
En recoupant les dates, ce trousseau a dû être débuté dans les années 1929, 1930.
Les serviettes, au blanc délicat et parfaitement net malgré les années, sont immenses. Il fallait protéger "largement" les robes de fêtes des dames et les costumes des messieurs lors des repas de famille !
La nappe a elle seule semble être une démonstration des infinies possibilités de la broderie (mince échantillon ci-dessous avec déjà de nombreux points) .
Je remarquais alors en inspectant mes trouvailles, que les monogrammes brodés des différentes serviettes et de la nappe n'étaient pas tous de la même qualité.
Je me suis alors inventée une petite histoire, qui me semble les jours passant, de plus en plus crédible pour ne pas dire totalement réaliste.
Jeanne ma grand-mère était la benjamine de sept enfants, d'abord trois garçons puis quatre filles. Elle n'a pas dû réaliser seule son trousseau. Je les imagine, les quatre sœurs assises au coin du poêle à bois, autour de ce beau tissu, brodant avec grand soin après leur journée de travail, piquant inlassablement leur aiguille, papotant, riant à la lumière déclinante du jour.
Marie et Marthe n'avaient pas des métiers manuels. Henriette et Jeanne, elles, avaient les doigts agiles.
J'ai volontairement rapproché les photos des différents monogrammes. Je les ai classés du plus imparfait au plus réussi. "Imparfait", le mot est peut-être un peu péjoratif, car il est déjà de belle facture et je ne sais si je serais capable de faire de même...
Tout le monogramme est à détailler, mais si l'on se penche sur le corps des papillons, les premiers sont un peu boursoufflés alors que ceux de la dernière photo sont parfaits.
Passons ensuite aux courbes des lettres. Celles de la troisième photo sont élégantes, régulières, harmonieuses.
Parties d'un même modèle, les quatre sœurs en ont donné chacune une interprétation un peu différente en fonction de leur habileté et je pense aussi de leur patience.
Cette découverte m'a enchantée ! Un siècle après, j'avais dans mes mains l'image des quatre sœurs très proches en âge (une seule année se glissait entre chacune), toujours très unies dans leur vie, habitant le même village. Je les ai connues âgées, ridées, les cheveux blanchis.
A ces différents monogrammes se superposèrent les rares photos sépia prises chez un photographe, trouvées dans la même grande armoire. Il me fut alors facile de les imaginer, brodant côte à côte, leurs têtes proches, penchées sur leur ouvrage, dans leur lumineuse jeunesse.
J'ai retrouvé dans les armoires de ma mère, entre deux piles de draps anciens, une merveilleuse pochette en tissu. Toute simple, datant de 1944, elle contient les nombreux galops d'essai en couture, d'une petite fille de sixième. L'enseignement de cette matière se faisait dans le cadre de l'école dès 11 ans. Il fallait être prête à pallier tous déboires vestimentaires !
Sur la photo du haut, une fente et les petits points qui rapprochent les deux bords. Puis un véritable trou, avec perte de matière. Sur le bas de la pièce, une ligne de petits points retenant des plis et un ourlet.
J'ai longuement hésité à laver toutes ces pièces avant de les photographier. Particulièrement la suivante, très ternie pour ne pas dire... absolument pas propre. Mais j'ai trouvé que ces traces nous racontent tellement de choses qu'il m'était difficile de les faire disparaitre!
Nous pouvons imaginer ce tissu tenu par les doigts d'une enfant de 11 ans qui joue encore sûrement beaucoup (peut-être passait-elle directement de la cour de récréation au cours de couture...), et le savon était particulièrement rare en ces années de guerre. Ce labeur parait très complexe pour cet âge. Je lis l'application. Je vois la petite langue tirée, le dos courbé par la concentration. L'effort sur cet ouvrage devait être contraignant. Il demandait de la patience, une discipline, et beaucoup d'obéissance sûrement exigée par les adultes à cette époque.
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Sur la pièce en dessous à gauche, les deux berges de l'accroc sont joliment rassemblées par une broderie feuille.
Un deuxième post court sera publié sous peu, avec un nouveau trésor de couture !
Découvrir les traces
feuilles d'érable sur la table
l'été est passé
(texte et photo la petite verrière)
Toujours beaucoup de naissances dans notre entourage, et les jeunes parents semblent apprécier les prénoms en fil de fer, recouverts par un tube de laine obtenu grâce à un tricotin. Ils choisissent la couleur, souvent assortie à celles de la chambre de leur bébé...et me voilà partie.
Avant, mais c’était avant, les prénoms réalisés l'étaient de la façon la plus simple possible: chaque lettre était une minuscule. Puis j'ai trouvé que glisser pour l'initiale, une belle lettre majuscule, avec ses courbes et ses volutes, pouvait apporter un plus.
Depuis, je ne m'en lasse pas !
Deux prénoms tellement féminins pour de bien belles petites poupettes !
A très bientôt !
Depuis quelques jours, un visiteur assez prestigieux, avec sa jaquette noire, son plastron blanc et ses deux taches vermeilles vient régulièrement nous rendre visite sur la terrasse.
Joie !
Douce Nouvelle Année à tous !
Balade d'hiver vers "la maison bleue", vieillotte, désuète, aux couleurs fanées... mais tellement charmante.
Sur cette photo, vous pouvez voir les réalisations avec deux sortes de papier. Un à 125gr/m2 et du papier aquarelle, sur la gauche, à 300gr/m2.
J'avais déjà posté ici une réalisation incluant cette technique. Je possède une plaque avec des lettres majuscules et une avec des minuscules. J'avais marqué ainsi les menus pour le mariage de notre grande fille. Vous pouvez le découvrir ICI (clic sur le lien).
Dernière photo pour vous montrer la finesse d'un embossage professionnel. J'ai récemment retrouvé dans les archives familiales des faire-part de naissance, datant de bien longtemps et utilisant cette technique. Vous pouvez remarquer la délicatesse des détails, le tombé du voile, les veines du bois, le grain de la couverture, l'expression de l'oiseau curieux etc...Impressionnant sachant que cette petite œuvre d'art est minuscule, elle mesure 2,5 cm x 2,5 cm !
Joyeux et Doux Noël à toutes et à tous !
Les côtes des îles Lofoten sont en approche. Le soleil ne se couchera pas malgré l'heure tardive.
Nous sommes en juin mais la neige n'est pas loin, même au bord de l'océan.

Sur les Lofoten, la couleur rouge est encore plus présente que dans le reste de la Norvège. Voici le village au nom réduit à une lettre: Å.
Les toits végétalisés assurent une isolation conséquente. L'étanchéité à la pluie est faite par de l'écorce de bouleau, le gazon ayant un rôle de contention et de compression de l'ensemble de la structure. Le poids au m2 peut atteindre 250kg et avec une belle couche de neige....500 kg.
Des courageux, tôt le matin !
Rouge bien présent, mais pas toujours obligatoire !
Sous le soleil revenu, les verts et les bleus entrent en compétition pour s'imposer.
Henningsvaer, "la Venise des Lofoten", est un tout petit port, calme, paisible. Des verriers et des céramistes exposent leurs créations...qui ne nous ont pas laissés insensibles.
A bord de notre ferry pour les Iles Vesterålen plus au nord, nous croisons la route d'un des célèbres "Express côtier".
Dès le pied posé sur la terre ferme, le Van doit composer avec les montagnes russes des nombreux ponts. Leur grande hauteur permet le passage des bateaux de croisière.
Bien loin de l'image coquette de la Norvège, le village de Nyksund nous a paru hors du monde, hors du temps, au bout d'une route en cul de sac, au nord de l'Ile de Langoya une des plus belles des Vesterålen.
C'est un village de pêcheurs, abandonné depuis quarante ans, aux maisons désertées, délabrées. Pas une âme qui vive dans les ruelles, les pontons sont vides. Les seuls habitants semblent être les oiseaux qui nous accompagnent dans notre déambulation.
Au milieu de maisons inhabitées, une caverne d'Ali Baba ! Un brocanteur, exposant des milliers d'objets dans un dédale de pièces. Totalement improbable !
Un nouveau ferry nous conduit à Gryllefjord sur l'ile de Senja encore plus au nord.
S'il fallait évaluer nos coups de cœurs (nombreux), l’ile de Senja aurait la première place.
Une merveille ! Et dire qu'elle n'était pas inscrite à notre programme n'étant presque pas citée dans les guides. C'est lors d'une conversation dans un ferry (toujours parler avec les gens, si, si) qu'elle nous a été déclarée "incontournable".
Autre vue le lendemain matin. Les couleurs sont assez exceptionnelles !
Des monts déchiquetés en crocs de chien plongent dans l'océan arctique.
Avant de quitter l'île Senja, le tumulte de la cascade de Målsevflossen nous le confirme. Les immenses conifères paraissent minuscules. La masse d'eau en furie est impressionnante.
Les Iles Lofoten, Vesteralen et Senja ne furent qu'une toute petite partie de ce long voyage.
Un petit échantillon de merveilles auprès desquelles j'ai été ravie de vous emporter.