lundi 6 novembre 2017

Le prénom en fil de fer et tricotin (tuto).



Une amie vient d'avoir une petite fille Agathe, et la jeune maman souhaitait du rose. 
On le comprend, Agathe arrive après deux garçons, et c'est une joie de pouvoir utiliser cette couleur tendre et douce !
Et pour changer du "Prénom en fil de fer et tissu" (clic ICI),(et Là) j'ai essayé le tricotin qui attendait de sortir de l'oubli. 
Je l'avais acheté il y a déjà assez longtemps, et rangé sans l'avoir testé. 

. Sur la photo ci-dessous, on peut voir la bête, avec les quatre petits crochets qui viennent saisir la laine alternativement (composant ainsi le tube de tricot), le poids qui tend la laine et la manivelle qui permet de tourner. 

. Pour écrire le prénom d'Agathe, il faut 1,40 m de fil en acier galvanisé de 1,5 mm de diamètre. 

.  Il me semblait logique d'utiliser un fil de coton, pour un résultat plus net, avec moins de flou. 
Mon choix s'est porté sur le Phil coton 3 coloris "berlingot" de Phildar (" à l'Aloé véra, fraicheur et douceur ", si, si , c'est noté sur l'étiquette ! )

La notice est assez explicative, bien qu'il manque un petit détail qui me semble important : 
Si la partie déjà faite, qui sort du tricotin, doit être bien tendue (et elle l'est, tirée vers le bas par le poids), le fil qui arrive de la pelote doit être lui extrêmement souple. 
Pas de tension, sous peine de voir des mailles sauter, entrainant un tube tricoté très irrégulier (j'en ai fait les frais!)


Sur différents tutos, il est conseillé de placer le tube tricoté sur le fil d'acier droit, puis d'écrire le prénom. 
J'ai préféré faire l'inverse, trouvant qu'il était difficile de contrôler les courbes sur un fil déjà recouvert, et une structure métallique sans bosses et avec le moins de défauts possible me paraissait le garant d'un bon résultat.   


Il est ensuite très facile de faire progresser le tube de laine le long du prénom formé.
Il ne faut pas trop tirer, sous peine de voir le fil de fer ressortir. 



Mais le tendre suffisamment pour qu'il ne tirebouchonne pas comme ci-dessous ! 


Arrivé en fin de course, c'est très simple, on se retrouve avec quatre petites bouclettes de laine...



...qu'il suffit d'arrêter en passant la laine dans chacune, avec une grosse aiguille.




                
               
                Bienvenue belle petite Agathe !



dimanche 29 octobre 2017

L'automne est bien là .


Lorsque les feuilles de l’Érable tombent sur l'Anthémis encore en fleurs....


...c'est que l'automne est bien là. 
 

lundi 9 octobre 2017

Léon Guillot et Gen K.

Titre de cet article très énigmatique me direz-vous. J'en conviens.
Habituellement sous "La Petite Verrière", on parle de choses légères, de bricoles, mais le sous-titre du blog contient aussi le mot "partage". 
Aujourd'hui je tenais vraiment à vous faire partager mon émotion, pour une réalisation à laquelle j'ai très modestement contribué. 
Mon amie Bruna m'a demandé si je pouvais graver un tampon pour des élèves de CM2 de l'école de son village et leur institutrice Annelise (j'adore employer le mot "institutrice", on se sent chez Pagnol...). 
Merci Bruna de m'avoir entrainée dans cette aventure. Encore une fois, j'ai plus reçu que j'ai donné, comme bien souvent.



Ce tampon devait permettre, chaque fois qu'il était apposé sur un livret créé par les enfants, de signaler leurs mots, leurs réflexions. 
En fait, grâce au tampon, ils prennent le micro et ils tenaient à s'appeler " la génération K " ! 


Voici  pour l'explication de la deuxième partie du titre de cet article. 

Mais qui était LÉON GUILLOT ?

C'était un soldat de leur village, mort pendant la guerre de 1914-1918. Il était poète, écrivain, licencié es lettres. Il est décédé à 33 ans le 20 mai 1915. Il est cité au Panthéon à Paris.
"Le Souvenir Français" a organisé un concours pour les classes de CM2, honorant des écrivains, des poètes disparus pendant la Grande Guerre. 
La rédaction du livret fut un travail de longue haleine durant une année scolaire. Les 22 élèves de la classe ont tous participé, conçu, découpé, peint, écrit, dessiné, et beaucoup réfléchi.
Les idées viennent d'eux, Annelise ne faisant que guider, aidant à la mise en œuvre, au travail de recherche auprès des archives départementales, et d'un membre de la famille. Chaque idée a été mûrement pensée et soumise au vote collectif de la classe. 

Quelques mois après avoir gravé le tampon, j'ai été conviée dans la classe pour voir le résultat. 
Je m'attendais à trouver des dessins d'enfants, certes sur un sujet grave...mais j'ai été bouleversée!
J'ai vu de véritables chefs d’œuvre qui véhiculaient une immense émotion. 
Avec beaucoup d'intuition et de sensibilité, les enfants se sont emparés de cette histoire. 
Dotés aussi d'une grande empathie pour Léon Guillot, ils ont composé jour après jour leur livret. 
Boris Cyrulnik nous dit "l'empathie est la possibilité de se représenter le monde de l'autre"... 
Je vous laisse découvrir leur création.


Cette fenêtre qui s'ouvre, présente Léon Guillot, et je trouve cette gouache aux allures d'aquarelle de toute beauté !


Les couleurs vives très affirmées, tranchées et très appuyées des feutres pour l'implacable Ordre de Mobilisation Générale. C'est un ordre, on ne déroge pas.


Conception toute différente, et contrastante avec le dessin ci-dessous aux crayons de couleurs.
Il est infiniment plus doux. 
Les soldats sont rassemblés sur le quai de la gare, serrés les uns contre les autres pour essayer d'avoir moins peur...sous la fumée à tête de mort de la locomotive. 
Les fusils penchés tous dans la même direction accentuent encore cet effet de cohésion.  


Ici les enfants ont senti toute la cruauté de l'expression 
" partir la fleur au fusil ". 



Terre, boue, rats, arbres transformés en squelettes, pluie d'obus, hommes couchés et rampants pour illustrer le quotidien des deux côtés des tranchées.






Sobriété en deux couleurs ici, avec ce collage. 
Le tunnel noir descend dans les bas-fonds tel un toboggan. 
Le jeune soldat, dans un moment de solitude écrit un poème à la mémoire d'un ami tombé.


Léon Guillot évoque aussi les moments de solidarité, et d'échanges de pain et de cigarettes entre les deux camps. 

Les Enfants: ..." Lire tes lettres et ne jamais ressentir de haine envers l'ennemi"...


Léon Guillot : " La guerre, c'est toujours avoir le fusil à la main et l'on descend un bonhomme parce que sa coiffe ne ressemble pas à la nôtre." 8 décembre 1914.  

Les Enfants : " Pour nous qui sommes la génération d'images, c'est une confrontation poignante : des mots et uniquement des mots pour saisir ta réalité au front qui se confond avec un sinistre cauchemar ".




Et voici ci-dessous le dessin qui m'a le plus remuée.  
Les enfants ont réussi à retranscrire dans toute son horreur, l'épouvante sur les visages des soldats lors de la montée au front. 
Des yeux dilatés par l'effroi, une bouche semblable à celle du personnage du tableau " le Cri " de Munch (1893) (clic ICI)



 Universalité de la terreur...


Avant même son départ, le jeune soldat poète avait rédigé son épitaphe griffonnée rapidement au crayon, avec des "blancs" à remplir. Il doutait de son retour... 


J'aime ces fleurs, éclatantes de lumière qui accompagnent le mot PAIX. 
Nous retrouvons ici le feutre et ses couleurs appuyées, mais pour un ordre tout autre que l'ordre de mobilisation. Ici c'est une injonction à la PAIX.




Tous les dessins n'ont pas été retranscrits ici. Le livret est plus complet et plus détaillé. 
Les enfants ont été récompensés par le "Prix Spécial du Jury". 

Pourquoi ce travail sur cette histoire triste et funeste nous a tous tant émus ? 

Tout d'abord parce que cette histoire est triste et funeste, elle a touché et décapité toute une génération d'hommes jeunes, et c'était "il n'y a pas si longtemps".

Parce que le ton est très juste entre les paroles entremêlées des enfants et celles de Léon Guillot. 
Et les enfants interpellent Léon Guillot directement, le tutoient. 

Parce que Léon Guillot par ses écrits et ses poèmes, et par son humanisme toujours conservé au cœur de cette période trouble, a su 100 ans après, impulser chez 22 élèves de CM2 ce travail de mémoire dans le respect et la compassion. 
Dans ses courriers, il ne ressort aucune de haine, aucune rancœur envers l'ennemi. 
A l’heure d'aujourd'hui, c'est rassurant, émouvant et très puissant de voir cette jeune génération, dans le sillage d'un poète écrivain du siècle dernier, inscrire en lettres majuscules le mot PAIX. 
Il me plait de penser, que si à l'âge adulte, une tentation belliqueuse s'ouvre devant un de ces enfants, un petit fil ténu alors le reliera à cette rencontre avec Léon Guillot. 

Parce que comme me l'avait dit un vieil ami peintre, chez les enfants le cerveau droit est directement relié à la main. C'est celui de la créativité, de la spontanéité, celui des émotions et du non dit. 
Il n'est pas encore trop sous l'influence du cerveau gauche, celui de l'apprentissage, de la rigueur. C'est pourquoi on découvre tant de perles dans les dessins d'enfants. 

Mais aussi parce que le frère ainé de ma grand mère a disparu à 25 ans dans cette même guerre, disparu sans tombe, il n'est resté qu'un nom gravé sur le Monument aux Morts du village. 
Ma "mémée" avait alors 12 ans et dans sa grande vieillesse, ses yeux se mouillaient toujours lorsqu'elle me parlait de lui.  


                                      

    Un grand MERCI à Annelise et aux enfants de sa classe !

jeudi 28 septembre 2017

Assortis.

Un peu comme dans l'histoire de l’œuf et de la poule, dans ces beaux assortis QUI était là en premier ? 
Les fleurs ou la couleur des portes et des volets ?



Aïnhoa (pays basque)



Monesties (Tarn)



Biarritz


Depuis quand la teinte des piments est-elle si proche du rouge basque ?


Espelette (pays basque)

Photos prises cet été au cours de nos pérégrinations. 

dimanche 3 septembre 2017

Les papillons en organdi pour les dragées du baptême (tuto).



Je suis heureuse de vous retrouver en ce début septembre !
J'espère que votre été a été reposant et vivifiant à la fois. J'aimerais prolonger un peu cette belle saison avec de la douceur, de la tendresse et beaucoup de légèreté. C'est pourquoi je vous propose aujourd'hui ce petit tuto. 

Pour le baptême du dernier des Loulous cet été, je voulais des contenants pour les dragées, poétiques, décoratifs sur la table, et rapides à réaliser (il en fallait 35 et j'étais un peu juste en temps !). 
J'ai mixé deux sources d'inspiration. 
Tout d'abord l'idée des papillons dans le beau livre " Fêtes des Bébés " de Brigitte Bichard & Agathe Lévêque que j'avais trouvé à la médiathèque, et celle d'Isabelle Leloup (MC Idées n° 102) relayée tout dernièrement sur le blog de Marie-Paule Faure ICI.


J'ai dessiné sur une simple feuille blanche la moitié d'un papillon, que j'ai ensuite dupliquée sur une source de lumière pour plus de symétrie. Pour un papillon pouvant contenir 15 à 20 dragées, la hauteur est de 13,5 cm et la largeur de 16 cm.
 


Le patron a été posé sur deux épaisseurs d'organdi blanc, et c'est là que l'astuce d'Isabelle Leloup donne de la vie, de la légèreté, une transparence des bords, presque du mouvement aux ailes de mes papillons. 
Tout simplement en les décalant un peu !
J'ai cousu sur tout le pourtour en laissant une fente de 2 cm pour laisser passer les dragées. Les points de couture ont été un peu agrandis par rapport à une couture classique.
L'ouverture sera fermée avec un étroit ruban de satin blanc, simplement placé avec une grosse aiguille. 


Vous trouvez ci-dessous mes essais.  
. Je ne vous montre pas le papillon en "toile à beurre", il était mou, ne se tenait pas du tout...on l'aurait cru métamorphosé en méduse !
. Celui du haut de la photo est en "organdi" mais il a été cousu avec les deux parties non décalées. 
. Celui du bas en "tarlatane"...bof, les mailles sont trop lâches ce qui rend les dragées trop apparentes, et le tissu s’effiloche.


Coudre de l' organdi a été un vrai bonheur !  
Les bords restent nets après la découpe, le tissu semble légèrement empesé donc se tient bien et je trouve le mot "organdi" très poétique, très distingué, à la hauteur de cette belle occasion (beaucoup plus que "toile à beurre" ou "tarlatane" !)  
 


 

Cette petite couture était vraiment très plaisante, les "antennes-ruban" complétant ensuite joliment ces contenants tout en douceur. 
Et j'ai même pu assister à une belle envolée !


 Et découvrir une invitée surprise à la séance photo !


Une fois les dragées dégustées, j'ai suggéré aux invités de remplir les petites bêtes de lavande, de faire quelques points à la machine ou à la main et de les laisser "papillonner" à leur guise dans une pile de linge !


Infos "lavande" recueillies lors de la visite, avec un guide, du Musée-Distillerie de la lavande de Saint Remèze:

La lavande est le symbole de "la tendresse" que ne démentent pas sa couleur douce, ni ses propriétés apaisantes et antiseptiques.  
C'est une plante rustique, qui pousse un peu partout, même sous des climats assez froids contrairement à ce que l'on pourrait penser.
Elle aime les terrains arides, pauvres et drainés, il faut la planter sur une petite butte, ajouter aussi des cailloux dans sa terre. Elle se plait en plein soleil.
La récolter en coupant les inflorescences (tiges fleuries) lorsque seules quelques fleurs apparaissent.
La laisser sécher et l'égrener pour la mettre en sachet dans vos armoires. L'huile essentielle de lavande se présente sous forme de gouttelettes fines, visibles à la loupe binoculaire sur les grains de votre récolte, et son odeur est facilement réactivée à chaque pression ou écrasement. Les sachets seront donc efficaces très, très longtemps.
Pour avoir une lavande sans trop de bois mort, il ne faut pas hésiter à la tailler très court l'automne venu, ne laisser que 2 ou 3 cm de vert.
Attention, une lavande a une durée de vie assez courte (8 à 10 ans). Aussi il faut la renouveler et là, rien de plus simple, couper un morceau de bois avec quelques feuilles et il suffit de planter ce dernier en terre (attention pas la partie feuillue). Arroser au moment de la plantation puis quelques fois encore, puis cesser. C'est vraiment une plante facile et fort sympathique !