Affichage des articles dont le libellé est lecture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est lecture. Afficher tous les articles

vendredi 7 octobre 2022

Annie Ernaux, prix Nobel de littérature.


Une écriture ciselée, précise et dépouillée qui colle au réel, écriture autobiographique avec un tel talent qu'elle nous parle de nous-mêmes, et fait résonner notre cœur, notre intime.

Une grande dame qui écrit beaucoup sur la femme et pour les femmes. 

Le premier livre acheté "la Place" date de 1984. Sa grande œuvre est sans conteste "les Années". `

Et j'évoque ici avec une grande tendresse, le petit opus "L'autre fille".  

Un beau portrait Ici, pour la rencontrer. 

Aujourd'hui je suis en Joie et ce, pour plusieurs jours ! 

Merci Madame Ernaux.

jeudi 24 décembre 2020

"Bonheur du jour".

Marie Gillet, qui nous ravit presque quotidiennement avec les articles de son blog "Bonheur du jour", a publié aux éditions de l'Harmattan, un livre "Avec la vieille dame" qui atteint ce jour les 100 exemplaires vendus.

Nous voulions, avec plusieurs blogueuses, Tania ("Textes & prétextes", Colo ("espaces, instants"), Brigitte ("Plumes d'anges"), Dominique ("A sauts et à gambades"), Anne (Still Life), Quichottine , Emma , Denise , célébrer l’événement comme il se doit.

Ce livre est une fenêtre ouverte sur le monde des aidants familiaux, un monde d'abnégation et de don de soi. Pendant des années, la vie de Marie est passée au second plan. Chapeau bas Marie d'avoir accompagné tes parents avec tant de patience et de générosité. Tu as su nous faire vivre au plus proche ce quotidien tellement difficile mais émaillé d'instants précieux. De nombreux aidants vont se reconnaitre dans ce parcours.  

Comme le dit Marie "Bien sûr, par rapport à un succès de librairie, c’est peu sur le plan comptable! Mais le sentiment d’avoir fait du mieux qu’on pouvait est bien là, d’avoir semé des graines par-ci par-là, et surtout d’avoir tendu la main." Ces quelques mots illustrent parfaitement la sagesse de Marie qui fait la veine de son blog "Bonheur du jour". Elle distille pour nous les instants d'une vie simple. La contemplation d'un ciel après l'orage, le bruit des pas sur un tapis de feuilles en automne, le repas partagé avec une personne malade, la joie de recevoir une lettre, celle de porter une soupe à un ami isolé, la traversée de la rade en bateau pour rejoindre la ville... 

Bravo Marie, que cette première centaine de livres vendue soit le début d'un succès. Nous te souhaitons un Joyeux Noël ! Je t'embrasse.   

lundi 14 septembre 2020

Les fonds marins...en bristol et Lego !

 

Pendant les périodes de canicule de cet été, les Loulous bloqués dans la maison (on ne pouvait mettre un bout d'orteil sur la terrasse surchauffée) ont beaucoup, beaucoup joué avec ce petit et très modeste bricolage qui, de plus, nous a entrainé vers des réflexions qui n'étaient ni petites, ni modestes.


Ils étaient arrivés chez nous avec quelques Lego sur le thème de l'Océan. Ils sont plus que fans de ces petites briques. Mais après plusieurs après-midis caniculaires de construction, nous sommes passés à la projection de "La grande vadrouille", puis à quelques recettes de cuisine à six mains. Plusieurs jeux de société après, les petits Loulous, dans le sombre des volets tirés, tournaient un peu en rond.  Il fallait relancer leur imaginaire. 

J'ai sorti de ma réserve trois feuilles de Bristol (un peu plus rigide que le Canson). Trois bleus, un clair, un moyen et un très foncé. Deux chaises assez lourdes avec une partie supérieure de dossier horizontale ont été mises dos à dos séparées par une distance de la longueur de la feuille de Bristol. Les feuilles sont alors scotchées, la plus claire sur le haut du dossier, celle de couleur bleu moyen à l'assise, et la dernière d'un bleu très foncé, posée au sol. Ajouté contre cette dernière un morceau de mon tapis de gymnastique noir, nous comptions quatre couleurs, quatre profondeurs différentes.

Un trou de forme ovale avait été pratiqué au cutter (vous pouvez le réaliser avec des ciseaux) sur les deux feuilles supérieures.

 


Une "fosse", réalisée avec un simple pliage a pris place sur la feuille au sol.


Ils ont collés des gommettes autocollantes nombreuses et variées de ma réserve sur le thème de la mer. Des requins, poulpes, étoiles, algues, poissons, moules, coquillages, murènes, raies, méduses...tant et tant que j'ai du les freiner, il fallait que la couleur du Bristol reste largement apparente.


 

Ils m'ont demandé une "Grotte" (un peu de Bristol froissé et scotché) dans laquelle ont été placé les "Lingots du coffre", le tout défendu par une armada de requins et de murènes. 

Et ils ont joué, joué des heures et des heures !

Se tenant chacun d'un côté, ils conduisaient les plongeurs depuis la surface jusqu'au fond, les faisaient remonter en respectant les paliers de décompression. Ils les accompagnaient dans "la fosse" et les eaux sombres du bas, participaient avec eux aux combats contre les requins et autres terreurs sous marines.


Ils conduisaient avec les valeureux hommes-grenouilles des "motos pour le fond de l'océan", ont construit un "galion échoué" d'où ils ont extirpé un trésor....le tout surveillé par le bateau de surface qu'ils pilotaient à tour de rôle.


Voici la vue qu'ils préféraient, et moi aussi ! Depuis le trou du Bristol bleu clair, celui placé le plus haut, ils pouvaient voir en enfilade toutes les profondeurs de "leur océan" jusqu'à la fosse...où je remarque juste à l'instant une petite main entrée en action alors que je prenais la photo !

 

Et ce ne fut pas tout... 

Des lectures à haute voix sur le thème (Loulou numéro deux n'apprendra à lire que cette année scolaire) se sont alors imposées. Chez Hergé "le Secret de la Licorne" et " le Trésor de Rackham le Rouge", chez Enid Blyton "le Club des cinq et le trésor de l'Ile". Ils ont aussi fait la connaissance du Commandant Cousteau en visionnant quelques vidéos. Et bien sûr avec une mise en pratique directe de certaines plongées et expéditions !

Et ce ne fut pas tout....

Nous avons parlé du devenir de "leur océan". Un morceau de gaze avec ses mailles disjointes, tiré par un bateau en surface a imité un chalut raclant le fond de l'océan en eaux profondes et capturant les poissons quels que soient leur nombre, leur espèce et leur taille. Nous avons alors abordé les notions de surpêche et de pêche durable. 

Ils m'ont aussi parlé des plastiques rejetés dans la mer qui étouffent les dauphins, tortues, requins et autres poissons. Ils connaissaient l'existence du 7ième continent, la gigantesque masse de déchets qui dérive dans l'océan pacifique. 

Les photos présentées ne sont pas excellentes, il manquait beaucoup de lumière derrière les persiennes fermées à moitié, mais je trouvais intéressant de les partager. En effet ce petit bricolage dans sa réalisation a du me prendre disons...une petite demi-heure, n'a demandé que très peu de matériel et a occupé les Loulous avec toutes les activités annexes, une bonne semaine. 

Et de plus, nager, plonger en haute mer portés par la houle puissante nous a, toute la semaine, bien rafraichis. Si, si, je vous assure !

Édit du 27 septembre 2020.

Plaques trouvées au sol dans presque toutes les rues de Quimper, et vues dans d'autres villes bretonnes.

 


Livret " 700 gommettes des animaux du monde " de Bérengère Derenne mila éditions. Boite Lego numéro 60221 et Lego de brocante qui ne sont plus répertoriés.

vendredi 6 mars 2020

"La forêt des 29"




Ce petit livre de poche arrivé sur mon bureau, fatigué, taché, écorné a une double histoire. 
Celle du grand voyage qui a été le sien et celle écrite par Irène Frain il y a presque une dizaine d'années. 

Il m'a été rapporté par notre jeune couple de Globe Trotters (notre fils et sa compagne) parti l'été dernier pour un road trip en Asie de plusieurs mois. 
Trouvé au Cambodge près d’Angkor dans une "bibliothèque-boutique portative", le livre a ensuite parcouru avec eux les routes du Laos, puis de la Malaisie. Il a voyagé en bus, en vélo. Passant d'un pays à l'autre en train, il a logé la plupart du temps chez l'habitant et dans des auberges de jeunesse. Il a été lu, lentement, en regardant le soleil se coucher, en écoutant le bruissement de la forêt. Souvent à deux voix chuchotées lors de l'étape, pour ne pas déranger, mais aussi parfois à voix hautes pour couvrir le grondement du cours d'eau près duquel le jeune couple s'était reposé d'une marche. 
Je mesure, à la volonté de le ramener, combien il a été précieux pour eux, le coup de cœur ressenti loin de leur pays. Nos jeunes voyagent en effet toujours extrêmement léger, n'ayant en tout et pour tout qu'un petit sac à dos chacun, si petit qu'il passe aisément dans la catégorie "bagage à main " à l'aéroport ! 

Si seul le strict nécessaire les accompagne, là bas à l'autre bout du monde, il leur a paru essentiel de glisser ce livre dans leurs bagages. J'ai voulu savoir pourquoi. 

Aussi, à leur retour devant leur enthousiasme, j'ai commencé sa lecture. Après une première partie peut-être un peu longue, l'histoire vraie de Djambo se met en place. 
Nous sommes en Inde, dans le Rajasthan en 1485 (la fin du moyen âge chez nous) et ce jeune paysan fuit, à la tête d'un petit groupe, la famine et l’épidémie qui ravage sa région. La sécheresse s'est installée après une déforestation massive. Il fallait du bois pour brûler les morts mais aussi pour construire les palais de plus en plus mirifiques des puissants. 
Arrivés sur une colline, ils fondent une communauté avec des préceptes d'une immense modernité. 
Djambo semble être assez exceptionnel, il est "méditatif et réceptif aux signaux qu'il reçoit du monde". Pour lui "il n'y a d'autre religion que le respect total de la Nature, des animaux, des arbres et aussi des plantes". 

"Et rappelez-vous que la nature est un corps, un corps immense dont nous ne sommes nous, les humains, qu'une infime partie. Mais si petits soyons nous, nous nous en sommes pris à ce corps et l'avons gravement blessé. A nous de le guérir, non par une religion de plus mais par une nouvelle façon de vivre, une humble façon...et soyons patients car le seul lieu des hommes, ce n'est ni leur champ, ni leur village, ni leur ville, ni même leur pays. C'est le temps."

Il a réussi à fédérer des centaines de personnes, d'anciens "adorateurs de Shiva, de Vishnou, de la Matriarche Noire et même des Fils du Croissant (pour qui leur Dieu n'a pas d'image, ils se nourrissent de viande de vache, ne brûlent pas mais enterrent leurs morts)". 

Les préceptes de Djambo sont arrivés jusqu'à nous soit transcrits par Udo son fidèle compagnon, soit portés par la tradition orale. Ce qui est assez stupéfiant dans l'énoncé de ces préceptes, c'est la résonance qu'ils trouvent maintenant en 2020. 
Djambo et ses compagnons ont écrit 29 règles "pourquoi pas 28 ou 30, non 29 ça s'est trouvé comme cela". 
Irène Frain est partie en quête des 29 préceptes de cette micro-société qui avant l'heure abolissait les castes, protégeait la femme, avait obtenu des terres fertiles et éradiqué la famine. 
En langue du désert, 29 se dit "Bishnoïs". Et l'on trouve encore en Inde de nombreux représentants des "Bishnoïs". 
Je vous laisse découvrir quelques uns des 29 préceptes qui m'ont le plus marquée: 
           "  1: Pendant trente jours après l'accouchement, tenir la mère et l'enfant à l'écart de la communauté; dispenser la femme de tout travail, afin de lui éviter les infections et de permettre son rapide rétablissement" 
..............9: Toujours réfléchir avant de parler, filtrer ses paroles avec le même soin que son eau et son lait. 
.............18: Étendre le principe de compassion à tous les êtres vivants. 
.............19: Ne jamais s'en prendre aux arbres verts. N'utiliser que du bois mort. 
.............20: Détruire en soi toute forme de passion, colère, cupidité, jalousie, envie. "

Et ce dernier que je trouve si délicat : 
............29 "Ne pas utiliser de vêtements teints en bleu afin d'épargner les fleurs de l'indigotier qui, pour obtenir cette couleur sont précipitées dans l'eau bouillante" .

La liste se complète d'autres prescriptions qui sont rigoureusement observées.
  "Réserver un dixième des récoltes pour l'offrir aux animaux sauvages "
  " Ne compter que sur soi-même et sur la communauté, ne rien attendre des puissants".....

En parcourant le livre d'Irène Frain, j'ai mieux compris l'enthousiasme de mes jeunes, et leur volonté d'inclure ce livre dans leur (maigre) bagage !
Peut-être avez-vous déjà lu le livre d'Irène Frain ? Ce livre a-t-il été marquant pour vous ? 

Je n'ai cessé de faire pendant sa lecture, des parallèles avec notre monde d'aujourd'hui, sa crise climatique, la déforestation, l'épidémie, les déplacements de populations, les guerres entre les peuples. Ces allers-retours entre le Moyen Age du livre et notre année 2020, et l'impression que les mêmes problèmes se posent, loin de me décourager, m'a rassurée. Un homme avait trouvé une solution, une façon de vivre respectueuse, il a pu la mettre en application, et elle a fait ses preuves. 
S'il l'a fait en 1485, c'est que c'est possible ! 

La dernière recommandation "ne rien attendre des puissants" résonne aujourd'hui en moi de façon très aïgue. En effet, je sors du film " Dark Waters " (histoire vraie du combat d'un avocat assez seul, contre la grande firme DuPont qui depuis des années empoisonne le sous sol et les habitants avec un produit hautement polluant)....et le héros, à la fin du film, emploie pratiquement les mêmes mots !

Je vous laisse découvrir la destinée de ce peuple "Bishnoïs", qui avait déjà profondément intégré que la Terre n'était pas inépuisable, et qu'il fallait en prendre grand soin. 
Sur le lien suivant, vous retrouverez une interview d'Irène Frain nous expliquant sa recherche, et sa passion pour ce peuple du désert:  Lien vidéo.



Livre : "La forêt des 29" Irène Frain, édition poche j'ai lu.

mardi 9 octobre 2018

La pochette pour livre nomade (2)

Pour cet article de rentrée (très) tardive, voici la petite cousette d'un cadeau toujours très apprécié. 
Mon amie Nelly, grande lectrice, souhaitait protéger le livre en cours, souvent un ouvrage emprunté à la médiathèque. Elle m'avait donné les dimensions des plus grands formats, je n'ai eu qu'à choisir le tissu et son bouton.
 



Avec son tissu japonisant, son bouton poisson en porcelaine, elle contrastait avec la pochette "écailles de tortue" que j'avais présentée, en tout premier article de ce blog ICI .
Il existe une petite différence aussi pour la finition. 
Pour la première pochette la couture du haut est invisible, le retournement des deux parties interne et externe se faisant par une ouverture en bas de la pochette interne, ouverture qui était fermée à la main ensuite.   
Pour celle ci, j'ai réalisé les deux pochettes séparément, l'interne étant moins large de 5 mm. 
La mise en place est facile, la pochette interne (attention, la placer sur l'envers) se glissant dans la pochette externe. 



Avant de réaliser la couture du haut (visible dans ce cas),  bien penser à glisser le petit cordonnet entre les deux tissus. Il permettra la fermeture du rabat. 
Pour protéger plusieurs livres de poche, ou un plus grand format, cette cousette se glisse facilement dans un sac de voyage, et ne pèse presque rien. 




Mais quelques heures avant de l'offrir, je me suis ravisée....
Avec son petit poisson de porcelaine voguant sur les flots d'un lac japonais, la pochette était certes très cohérente mais peu pratique. Il fallait soit la laver à la main, soit découdre le bouton avant le passage en machine. 



Et j'ai trouvé ce petit bijou de délicatesse, avec ses fleurs de cerisier !
Beaucoup moins fragile, il passera aisément dans la machine à laver. 

Et je le préfère presque au petit poisson ! Et vous ?



Tissus "Vague" et lin gris: Mondial Tissus. 
Bouton poisson "la Droguerie", bouton fleurs de cerisier en mercerie.

dimanche 29 avril 2018

Paul et le loup.

La grand-mère de petit Paul m'a demandé si je pouvais réaliser un tampon pour marquer les livres de son petit fils. 
Lorsque j'ai demandé à cette dernière les goûts du petit bonhomme, elle s'est exclamée: " Il adore les loups !" . 
 

En cherchant un modèle sur pinterest, je suis tombée sur celui choisi par Sarah pour un article de l'ancien blog qu'elle partageait avec Flo: ICI.
Le modèle était assez plein, simple, pas de zones trop fragiles, de traits trop fins, et il pourra être aisément manipulé par de petites mains. 


Lors d'un premier essai, je ne suis pas satisfaite de mon P. 
Pourquoi avoir prolongé les deux traits horizontaux ?


Je les supprime, le prénom me plait mieux ainsi.


Je réalise "la petite boite qui va bien", patron accessible ICI.

Un grand merci à Sarah, que vous pouvez retrouver sur son nouveau blog "Les Plaisanteries", où elle nous présente toutes sortes de créations plus charmantes les unes que les autres. 

Livre " Pierre et le loup "  d'après l’œuvre de Sergueï Prokofiev, illustrations de Barbara Cooney. 
Édition Rouge et Or.

vendredi 23 février 2018

" La fille à histoires ".


Coup de cœur pour ce livre d'Irène Frain que je tenais à partager avec vous ! 



J'avais déjà été scotchée par la si belle écriture et la construction parfaite de son livre "Les naufragés de l'île Tromelin".
Ici, pas de roman d'aventure. C'est un écrit intimiste. 
L'auteur est née en 1950. Elle nous parle de ces années d'après guerre et de son arrivée dans une famille ouvrière pauvre. 
Son rapport particulier avec sa mère va déterminer très jeune sa vocation d'écrivain. 
L'écriture est précise, détaillée, un peu comme celle d'Annie Ernaux qui elle aussi sait si bien nous parler de la honte, des plongées dans les boites de photos à scruter les visages pour tenter de comprendre les non-dits de ces années-là. 

Les femmes du quartier se retrouvent autour de la table de la cuisine, sous laquelle se cache la petite Irène. 
Cette dernière nous décrit magnifiquement le rituel du "jus", ce breuvage fait "d'un mélange de chicorée en poudre et de café fraichement moulu". 

"...Pendant une heure ou deux, elles vont se parler. Ce sera une sorte de chant alterné; la voix de l'une ne se sera pas tue qu'aussitôt celle de l'autre prendra le relais....ma mère...a des gestes d'officiante. Et ne déroge à aucune règle du cérémonial. Pour qu'un jus soit un jus, il faut impérativement le servir dans des verres Duralex, ceux qu'on utilise tous les jours. On doit aussi les poser à même la toile cirée. Si elle sortait une nappe et la fine porcelaine de son service de mariage, les paroles resteraient coincées au fond du gosier. Et avec elles le jus de la vie."

Extrait de "La fille à histoires" d'Irène Frain, éditions Seuil. Septembre 2017.